Didier Bénureau et des Cochons

Théâtre
Théâtre du Rond-Point (Paris)
Du 10 novembre 2015 au 6 décembre 2015

À propos

Caricaturiste sans interdit, Didier Bénureau dresse des portraits acerbes, critiques et burlesques de ses contemporains. Avec un groupe de rock, les bien-nommés Cochons dans l’espace, il fouine jusqu’à l’hilarité les indignités de ses compatriotes.

Avec Jean-Michel Ribes, Didier Bénureau interprète des centaines de Brèves de comptoir sur les plateaux dès 1994 puis au cinéma vingt ans plus tard. Il tourne avec Claude Miller, Claude Chabrol, Luigi Comencini, Bertrand Blier. Au théâtre, il débute chez Bouvard aux côtés de Muriel Robin, pour finir à l’Olympia. Il joue seul Bobo ; Enfin Bénureau ; Pour Moralès... Il obtient le Prix de l’Humour noir et le Prix de la SACD. Il joue aussi Tchekhov et Calaferte.
Ici, il ose tout, il a le goût des métamorphoses, devient un travesti nostalgique du temps béni de la collaboration, un évêque à perruque, un poète ringard, un bobo en pleine crise de conscience, un violeur d’humoristes ou un môme décérébré. Il se transforme, chante, danse, joue du ukulélé, il offre un panel exhaustif de la population. Il ne s’interdit rien, caricaturiste de tout le monde.

Entretien avec Didier Bénureau

Y aura-t-il un groupe de rock sur le plateau ?
Oui. Le groupe s’appelle Les Cochons dans l’espace. Pourquoi un groupe de rock ? Pour me faire plaisir. Pour donner au spectacle une véritable dimension musicale. Je crois que le rythme et le son « rock » convient bien à mon humour et à mes personnages, colériques et violents souvent. Et puis j’éprouve énormément de plaisir à jouer et à chanter mes conneries avec des musiciens derrière moi. Ça me galvanise ! C’est très sensuel d’avoir des musiciens dans son dos, moi ça me donne envie de sauter ! De bouger dans tous les sens ! La musique m’emporte ! Alors, il y a mon plaisir, mais c’est avant tout la réaction du public qui m’a encouragé à reprendre ce spectacle.
Savez-vous dans quel espace vous allez jouer ? La même sorte de piste de cirque ? Devant les musiciens ?
Occuper l’espace, c’est ce que je cherche à faire tout le temps. Je bouge beaucoup, selon les sketches. Les sketches c’est toujours pareil, donc il faut tenter des mises en place, inventer, et bien sûr mêler les musiciens le plus possible au spectacle. Je veux jouer avec eux. Qu’ils ne restent pas dans mon dos !
Il y a des sketches nouveaux, d’autres anciens, qu’est-ce qui les reliera ? L’indignité des portraiturés ?
La violence d’un personnage, qui éclate d’un coup sans prévenir, me fait beaucoup rire. Et puis, il y a des lâchetés chez les bien-pensants, des fausses colères, des postures chez les bourgeois, surtout de gauche, qui sont très drôles. Je ne sais pas ce qui relie mes sketches... L’insolence, une envie de dénoncer. La bêtise m’inspire, mais elle prend tellement de formes différentes... Et puis aussi parfois une idée totalement absurde et gratuite... Parfois, c’est très mauvais. Je me trompe, mais je ne veux pas de « fond de commerce » de couleur ou de direction balisée... Peut-être que ce qui relie les sketches, c’est le rythme. Le rythme des situations et des textes. D’ailleurs j’aimerais bien que tout soit lié, que cela ne s’arrête jamais, durant 1h45. Je ne sais pas si j’y arriverai. La musique pourrait être ce lien...
Le racisme, la collaboration, la pédophilie, l’homophobie, la bêtise, l’ignorance, la connerie... vous avez bien un sujet préféré...
Je n’ai pas de sujet préféré, c’est selon mon humeur. J’ai l’impression d’être vierge quand des idées me viennent, parce que je ne sais pas où je vais, j’oublie tout. Parfois je me dis, que ça doit être plus facile pour d’autres, parce qu’ils ont un axe, une écriture, alors ils doivent trouver plus vite. Oui la bêtise est toujours une source inépuisable de rire. La sienne comprise. On est tous parfois très idiot, parce qu’on a des humeurs. Les gens qui se prennent au sérieux, aussi. Très bonne piste que celle de la posture... qui relève toujours de l’imposture...
Qui est le parrain ou la mascotte de votre spectacle ? Le môme décérébré ? L’évêque de Bruxelles ? Quel est le dernier né de votre galerie de portraits ?
Désolé je n’ai pas de mascotte ou de personnage préféré. Le dernier né : un cousin de la campagne qui agresse un humoriste célèbre, parce qu’il est jaloux de lui, et qui finit par le violer... Si j’arrive au bout... Disons que « le pire n’est même pas sûr » !
Propos recueillis par Pierre Notte

Infos pratiques
Didier Bénureau et des Cochons
Avec : Didier Bénureau, Coécriture : Didier Bénureau - Éric Bidaud - Dominique Champetier - Anne Gavard, Mise en scène Dominique Champetier, Composition Musicale : Julie Darnal et Didier Bénureau, Arrangements Musicaux : Les Cochons Dans L’espace et Julie Darnal, Lumière : Orazio Trotta, Production : Moralès Production, Production Exécutive : Jtc, Coréalisation : Théâtre Du Rond-Point avec le soutien du Théâtre Victor Hugo / Bagneux, Résidence de création

Théâtre du Rond-Point (Paris)
Du 10 novembre 2015 au 6 décembre 2015
Du mardi au samedi : 21h, Le dimanche à 18h30
Salle : Renaud-Barrault, Durée : 1h40

Site du Théâtre du Rond-Point