Clara Luciani

Musique
Théâtre du Rond-Point (Paris)
6 février 2016


Festival Touche Française #2, Au Théâtre du Rond-Point (Paris) du 4 février au 6 février 2016

Ils manquaient au Rond-Point, les auteurs vivants de la chanson, les compositeurs et paroliers. Les interprètes de cet art majeur aujourd'hui si riche et foisonnant. De la chanson à tous les étages et dans toute sa diversité. Touche Française a initié avec succès ce festival l’an dernier, avec la complicité de François Bernheim et de la web radio PiiAF.

Avec sept concerts en deux jours, le Rond-Point est devenu une plateforme pour la diversité des créations musicales.

Nous avons renouvelé l’événement cette saison avec le concours d’Olivier Poubelle, directeur d’Astérios Spectacles. Pour Jean-Michel Ribes et Olivier Poubelle, Touche Française édition 2016, festival tout en musiques et en paroles, devait s’interroger sur la désobéissance appliquée à la chanson. Il s’agissait donc de programmer des artistes qui tentent encore de parler du monde dans lequel ils vivent, que leur regard soit fantaisiste ou sombre, inquiet ou généreux. De proposer ainsi un rendez-vous qui s’inscrit dans l’identité singulière du Rond-Point, une fête où se croisent les découvertes et les références, les grands artistes de la chanson francophone et ses nouvelles voix.

Durant trois soirs du Jeudi 4 au Samedi 6 Février 2016, Touche Française #2 a proposé dix concerts dont une création avec près de 10 artistes autour du répertoire des Rita Mitsouko, groupe emblématique et « insoumis. »

Clara Luciani

D’abord une voix. Sèche et moelleuse à la fois, sensuelle et droite, impressionnante et pourtant toute simple, lisible, immédiatement familière. Il y a souvent de ces singulières alliances de contraires chez Clara Luciani. D’ailleurs, on ne sait si elle est plus une solitaire aux yeux sombres ou une partageuse au cœur large. Elle condamne aux paradoxes, aux oxymores, aux émerveillements emmêlés. On dira donc qu’elle est une radieuse dispensatrice de spleens heureux. Ses chansons sont d’ailleurs nées à la fois d’une séparation et d’une rencontre. Le noir fracas d’un amour qui s’achève et la lumineuse association avec Sage, alias Ambroise Willaume, créateur de Revolver. Précédemment chanteuse dans La Femme, Nouvelle Vague, Bristol ou le duo Hologram, Clara accompagnera, à partir de novembre, le chanteur Raphaël sur scène. Clara, jusque là – et depuis les premières chansons adolescentes, chantait en anglais. Spontanément, quand le malheur amoureux survient, les chansons lui viennent en français. Or Clara est à la fois enfant de l’Art Brut et de George Sand – le premier jet et la langue « tenue », le sentiment lâché tout entier dans la phrase et la justesse parfaitement mesurée de chaque mot. Ainsi Clara Luciani fait entendre des vers comme on imaginerait difficilement en entendre chez une enfant du XXIe siècle : « C’est ton cou que je tords / C’est moi que j’assassine » dans Bovary, « À l’horizon de moi / Quelques brûlures / Et dans le miroir parfois / Ma belle imposture » dans Cette chanson… On ne sait jamais si, dans ses chansons, la lumière est celle de l’aube ou celle du crépuscule, celle de la fin d’une nuit douloureuse ou celle de l’entrée dans l’émerveillement du soir. Mais, pour la carrière de Clara Luciani, c’est celle d’un splendide début.

Coproduction Théâtre du Rond-Point, Astérios Spectacles, avec le soutien de l’Adami.

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