Bertrand Belin

Musique
Le Centquatre / 104 (Paris)
3 mai 2016


Bertrand Belin est un artiste complet, un poète à l’écriture singulière, il a beaucoup bâti depuis son précédent album Parcs. 
Il a publié en mars dernier son premier roman "Requin" aux éditions P.O.L, accueilli unanimement par la critique.

Cette année aura marqué aussi ses débuts au théâtre dans Spleenorama, la pièce de Marc Lainé (Représentations dans toute la France). On le retrouve aussi dans Low/Heroes, spectacle conçu autour du Berlin de Bowie et mis en scène par Renaud Cojo à la Philharmonie de Paris, une Odyssée visuelle et sonore où se croisent les fantômes et les musiques de Philip Glass et David Bowie. De nombreuses lectures musicales, performances, à la maison de la poésie, aux ateliers d'Aubervilliers, au festival de Manosque notamment.

« Tous ces projets, c’est pour ne pas me fermer aux autres, rencontrer d’autres personnes, traverser une communauté, entendre un autre vocabulaire, découvrir les coulisses du théâtre, comprendre comment tout cela se fabrique, ce qui motive les autres à faire ce qu’ils font.

Aujourd’hui, Bertrand Belin revient avec son nouvel album Cap Waller. « Comment ça se danse », chantait-il sur Parcs, son précédent album. Ce n’était pas vraiment une question, mais dès l’ouverture deQue tu dis, premier titre de Cap Waller, on sait qu’il a trouvé une réponse. Un appel du pied, le pied qui bat le rythme, le rythme qui fait avancer et transpose ses chansons vers une nouvelle forme fluide et hybride – qu’on pourrait baptiser folk-funk , Folle Folle Folle, si la musique de Bertrand Belin avait à tout prix besoin d’une étiquette. On le sait maintenant depuis un certain temps (Cap Waller est son cinquième album), Bertrand Belin est un maître-chanteur et maître-guitariste, qui a fait école et aurait pu déposer des brevets. Mais il ne sera jamais un ponte avachi sur ses lauriers. Il a un style et des obsessions profondes, mais aussi la volonté profonde de rester en mouvement, de ne jamais stagner dans une formule. Cap Waller, c’est un nouvel horizon pour Bertrand Belin, où il réinvente sa musique en saillies de guitares acérées et sensuelles, brûlantes, lancées comme des éclairs hypnotiques. « Ma mélomanie me porte à affectionner les musiques qui pulsent, que ce soit le mambo, la rumba, Caetano Veloso ou Mahmoud Ahmed. Simplement, j’ai longtemps eu du mal à accorder ce goût avec mes chansons et ce que j’ai à dire. Depuis toujours, je cherche une voie pour accorder tout ça. Progressivement, j’y arrive. J’ai écrit ces chansons pour mettre le corps en route… ». Cap Waller n’existe sur aucune carte. Mais on peut imaginer que le Breton Belin a longé la côte vers le Sud, jusqu’à une Afrique imaginaire, vers ces confins où le désert rencontre l’Atlantique.


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